Sonir/Blog/Publié 2026-07-27

Repérer un faux hi-res : analyser le spectre

Repérer un faux hi-res : la limite haute de bande et la forme du roll-off suffisent à distinguer un vrai fichier haute résolution d’un suréchantillonnage venu d’un CD ou d’une source lossy.

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Développeur de Sonir.

Un fichier étiqueté 96 kHz / 24 bits, et au-dessus de 22 kHz le spectre est parfaitement plat. Pas un bit de plus que le CD dont il vient. Les contenants promus hi-res sans que le contenu ait suivi circulent assez pour valoir une vérification.

En bref

Un faux hi-res se trahit en haut du spectre. Si un fichier annoncé en 96 kHz s’arrête à 22 kHz, la source était un CD. Trois choses à lire : jusqu’où le signal va (bande passante effective), s’il s’éteint ou s’il tombe d’une falaise (roll-off), et ce qui occupe l’espace au-dessus du mur (le plancher). Aucun micro n’intervient : la pièce et les enceintes n’ont ici aucun rôle.

Ce qu’est vraiment un faux hi-res

Un faux hi-res, c’est un fichier qui annonce une fréquence d’échantillonnage ou une profondeur de bits haute résolution alors que son contenu est de qualité CD ou issu d’une source lossy.

Que le contenant dépasse le contenu découle directement de la théorie de l’échantillonnage. La plus haute fréquence qu’un enregistrement peut porter vaut la moitié de sa fréquence d’échantillonnage, la fréquence de Nyquist. Pour un CD à 44,1 kHz, cela fait 22,05 kHz. Convertissez ce master en 96 kHz : le plafond monte à 48 kHz, mais rien n’a jamais été stocké au-dessus de 22,05 kHz, donc l’espace gagné reste vide. Aucune information n’apparaît. La seule chose qui a grandi, c’est la taille du fichier.

Il existe une seconde catégorie : le matériau repackagé depuis des formats lossy comme le MP3 ou l’AAC. Les encodeurs lossy jettent d’abord l’aigu le moins audible, si bien que selon le débit le signal s’arrête net vers 16 kHz ou 20 kHz. Convertissez cela en FLAC ou en WAV : la bande supprimée ne revient pas. L’extension dit sans perte, le contenu reste tronqué, et la coupure survit sous forme de mur vertical.

Une précision d’équité : le suréchantillonnage en soi n’est pas une fraude. Le suréchantillonnage se pratique couramment côté lecture. Le problème, c’est de vendre le résultat comme un master haute résolution sans le dire. L’analyse ne cherche à accuser personne, elle cherche à savoir ce que le fichier en main contient vraiment.

Trois traces dans le spectre

Trois formes de spectre côte à côte : hi-res authentique, faux suréchantillonné et fichier issu d’une source lossy Authentique, suréchantillonné, issu du lossy. La position de la limite et la forme de la chute les séparent

La bande passante effective. Jusqu’où le signal porte. On prend comme limite la plus haute fréquence qui dépasse encore le plancher de bruit d’une quantité fixée. Un hi-res authentique garde du contenu qui s’étire vers Nyquist, aussi modeste soit-il. Un faux s’arrête brutalement vers 22 kHz.

La raideur du roll-off. Mesurée en décibels par octave. Un matériau naturel, et tout ce qui a traversé des étages analogiques, décroît doucement. Un matériau coupé par un convertisseur numérique montre la courbe du filtre lui-même, quasi verticale. Cette forme est le brickwall, et c’est l’indice décisif d’une origine lossy.

Le plancher. Si l’espace au-dessus du mur est vraiment silencieux, le fichier a été coupé puis repackagé. Si un bruit ténu s’y trouve, du dither ou du noise shaping est passé par là. Ce cas coupe dans les deux sens : un plancher relevé fait paraître la bande plus large que la musique ne l’est.

Les seuils

Voici les valeurs avec lesquelles Sonir travaille.

Ce qui est luSeuilSignification
Bande passante effectivePlus haute fréquence au-dessus de -60 dB sous le picRetenue comme limite haute de la bande
Annonce hi-resFréquence d’échantillonnage supérieure à 50 kHzTraite 88,2 kHz et plus comme une annonce hi-res
Suréchantillonnage soupçonnéAnnonce hi-res + bande sous 26 kHzContenu en territoire CD ; la confiance monte avec l’écart
Source lossy soupçonnéeBande sous 86% de Nyquist + roll-off à 48 dB/oct ou plusFichier au débit du CD, trop étroit et muré
Non concluantPas d’énergie dans l’aiguSilence ou matériau très calme. Matière insuffisante

Le spectre est pris sur 8192 points, sur les 90 premières secondes environ. Cela donne près de 5,4 Hz par bin à 44,1 kHz et 11,7 Hz à 96 kHz, largement de quoi situer un mur avec précision.

Les verdicts sortent en authentique, probablement suréchantillonné, probablement lossy ou non concluant, chacun avec une confiance. Ces seuils sont encore en cours de calage sur du matériau réel : pour les fichiers proches d’une frontière, lisez la confiance en même temps que le verdict.

Comment analyser un fichier

  1. Choisir le fichier : aucun micro. Prendre un fichier audio de l’appareil.
  2. Relever la fréquence annoncée : 44,1 kHz ou 48 kHz, territoire du CD ; 88,2 kHz et plus, annonce hi-res.
  3. Lire la bande passante effective : une annonce hi-res qui n’atteint pas 26 kHz oriente vers un suréchantillonnage.
  4. Regarder la raideur : un mur vertical au-delà de 48 dB/oct est une empreinte de conversion.
  5. Vérifier le plancher et la confiance : silence ou dither au-dessus du mur, et le degré de certitude.

Comme aucun micro ne se trouve dans la chaîne, cette partie de Sonir se comporte autrement que le reste. Pas de réflexions de la pièce, pas de coloration du micro, pas d’AGC. Le même fichier donne la même réponse sur n’importe quel appareil. Tenir l’environnement immobile est ce qu’il y a de plus dur en mesure acoustique : une mesure qui ignore l’environnement est donc reposante.

Quand le verdict se trompe

Cette partie mérite d’être écrite noir sur blanc. Un fichier hi-res à bande étroite n’est pas automatiquement un faux.

Les vieux enregistrements n’ont tout simplement pas d’aigu. Remasterisez une bande mono des années 1950 en 24 bits / 96 kHz : rien n’apparaîtra au-dessus de 20 kHz. La formation compte aussi : cordes et voix portent bien moins d’énergie dans l’aigu que des batteries programmées et des cymbales. La chaîne de captation également. Si les micros et les préamplis n’ont jamais capté au-dessus de 20 kHz, un fichier hi-res correctement enregistré est visuellement indiscernable d’un faux.

L’erreur va aussi dans l’autre sens. Le dither ou le noise shaping relèvent le plancher dans l’aigu, et un plancher relevé se lit comme une bande plus large. Ce qui est mesuré là est du bruit, pas de la musique, et pourtant la limite tombe haut. Le seuil de bande passante seul ne sépare pas ces deux cas.

D’où la formulation en soupçon. Un spectre montre ce qui vit dans le haut d’un fichier, pas son histoire de production. Plutôt que de juger un morceau isolé, regardez-en plusieurs du même album. Si tous meurent à la même fréquence et avec la même forme, c’est un traitement, pas le matériau.

Récapitulatif

  • Un faux hi-res est un contenant haute résolution abritant du contenu de qualité CD ou d’origine lossy. Monter la fréquence d’échantillonnage n’ajoute aucune information
  • Lire trois choses : bande passante effective, raideur du roll-off, plancher au-dessus du mur. Une annonce 96 kHz qui s’arrête à 22 kHz a été suréchantillonnée
  • Les sources lossy se trahissent par un mur vertical vers 16 kHz ou 20 kHz. Le repackage en FLAC ne le reconstruit pas
  • Une bande étroite a aussi des explications innocentes : enregistrement ancien, formation légère, chaîne de captation. Lire le verdict comme un soupçon assorti d’une confiance
  • Aucun micro n’intervient : les résultats ne dépendent ni de la pièce ni du micro. Le même fichier donne toujours le même résultat

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un faux hi-res ?

Un fichier qui annonce une fréquence d’échantillonnage ou une profondeur de bits haute résolution alors que son contenu est de qualité CD ou issu d’une source lossy. Convertir un master 44,1 kHz en 96 kHz n’ajoute pas l’information au-dessus de 22,05 kHz qui n’a jamais existé. Seul le contenant a grandi.

Où cela se voit-il dans le spectre ?

À la limite haute et à la manière dont le signal y arrive. Un fichier annoncé en 96 kHz devrait garder du contenu jusqu’à près de 40 kHz. S’il chute verticalement vers 22 kHz avec du silence au-dessus, la source était un CD. Un roll-off plus raide que 48 dB/oct est un mur laissé par la conversion.

Peut-on détecter un MP3 converti en FLAC ?

Le plus souvent, oui. Les encodeurs lossy suppriment le haut du spectre et laissent un brickwall vers 16 kHz ou 20 kHz. Le repackage dans un conteneur sans perte ne le restaure pas : une fréquence d’échantillonnage de CD avec une bande étroite et un mur vertical trahit le fichier.

Tout fichier hi-res à bande étroite est-il un faux ?

Non. Les enregistrements anciens et les formations légères portent réellement très peu de contenu dans l’aigu. Si les micros et la chaîne n’ont jamais capté au-dessus de 20 kHz, le spectre a la même allure. C’est pourquoi le verdict est formulé comme un soupçon et non comme une conclusion.

Peut-on le faire avec un smartphone seul ?

Oui. L’analyse de fichier n’utilise pas de micro : ni la pièce ni la précision du micro n’entrent en jeu. Sonir lit un fichier de l’appareil et donne la bande passante effective, le roll-off et un verdict. Pas besoin de micro calibré ni de pièce silencieuse.

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