J’ai remplacé l’enceinte A par la B, remesuré, et le grave avait pris 3 dB. Ce n’est pas l’enceinte qui l’avait fait monter, mais le micro que j’avais bougé de 10 cm au passage.
En bref
Un A/B d’enceintes n’est juste que si rien d’autre que l’enceinte n’a bougé. Trois choses doivent rester identiques : la position du micro, le stimulus de mesure et le niveau de lecture, dans cet ordre d’importance. Ensuite on compare des mesures plutôt que des impressions, et la courbe d’écart (A−B) dit où et de combien elles diffèrent. Les enceintes se jugent très mal à l’oreille, donc Sonir bascule la comparaison du côté de la mesure.
Conditions identiques : l’écart, c’est l’enceinte. Micro déplacé : l’écart de position s’invite avec
Pourquoi « rien d’autre que l’enceinte »
La courbe d’écart A−B contient la somme de tout ce qui a changé entre A et B. Si vous pensiez ne changer que l’enceinte mais avez aussi bougé le micro, l’écart de position est dedans. Dans le grave, c’est souvent le plus gros des deux.
Un son de 100 Hz a une longueur d’onde d’environ 3,4 m. Les nœuds et les ventres d’une onde stationnaire sont espacés du quart, soit environ 85 cm. Déplacez le micro de 30 cm et vous pouvez passer du côté creux au côté bosse. Ce sont les 3 dB du début. J’avais une demi-journée de mesures alignées et j’allais conclure que « B a plus de grave » avant que le relevé de position ne me fasse tout jeter.
La coloration propre du micro, elle, est inoffensive tant que la position ne bouge pas. Mesuré avec le même micro au même endroit, sa signature se pose également sur la courbe A et sur la courbe B, et s’annule dès qu’on prend l’écart. C’est pour cela qu’un A/B tient même sans micro calibré (Peut-on croire la réponse en fréquence sans micro calibré ?).
L’alignement de niveau compte à l’écoute, pas à la mesure
« Aligner les niveaux d’abord » : c’est le conseil standard pour un A/B, et il est juste, mais il est juste pour l’écoute. Le côté un peu plus fort est entendu comme meilleur et plus exact, ce qui en fait le premier facteur de confusion de toute comparaison à l’oreille. Visez ±0,1 dB ; ±0,5 dB n’aide plus.
Pour une comparaison de mesures, la contrainte se relâche. La réponse en fréquence de Sonir est une courbe relative normalisée à 0 dB dans le médium : quelques dB de niveau de lecture laissent les bosses et les creux là où ils sont. Ce qui mord vraiment, c’est l’écrêtage, car un côté saturé voit sa courbe s’effondrer en forme. D’où le pic d’enregistrement entre -6 et -12 dBFS (Quel niveau en dBFS viser pour un enregistrement de mesure ?).
Au passage, un ABX en aveugle pour enceintes a existé, puis a été retiré. Un enregistrement acoustique à un seul micro perd l’image, la scène et la distorsion : en tirer un « laquelle est meilleure » ne tenait pas debout.
Les étapes
- Fixer le micro et ne plus y toucher : à la position d’écoute, bloqué sur un pied ou un trépied, et laissé en place pendant l’échange.
- Mesurer les deux avec le même stimulus : même sweep, même bande. Des bandes différentes désalignent les axes et l’écart cesse de décrire les enceintes.
- Régler le niveau juste avant l’écrêtage : pic d’enregistrement entre -6 et -12 dBFS. Toute prise saturée se jette et se refait.
- Superposer et lire la courbe d’écart : les deux dans les emplacements A/B, A−B comme ligne principale. RT60, EDT, C50 et D50 s’affichent avec leur delta.
- Remesurer si un avertissement apparaît : calibration, bande de stimulus et pièce divergentes déclenchent un bandeau. On peut continuer, mais pas conclure.
Ce qui ne s’aligne pas, on l’écrit
En pratique on n’aligne jamais tout. Des coffrets de tailles différentes placent le tweeter à une hauteur différente, et l’échange décale l’enceinte de quelques centimètres. Honnêtement, cette partie n’est pas résolue : je n’ai pas de procédure d’échange qui permette de dire « même position » sérieusement.
Ce que Sonir fait à la place, c’est refuser d’effacer ce qui n’a pas concordé. Profil de micro, bande de stimulus, pièce, distance, matériel. Tout cela est confronté avant la superposition, et une divergence lève un avertissement. Rien n’est bloqué. Une comparaison en conditions imparfaites reste lisible, donc on peut continuer, tant qu’il reste assez de traces pour expliquer l’écart après coup.
Questions fréquentes
A-t-on tort de choisir ses enceintes à l’oreille ?
Choisir ce qu’on aime reste personnel, mais l’écoute conduit mal à un verdict. Un enregistrement acoustique à un seul micro perd l’image, la scène et la distorsion : à la relecture il ne reste que l’écart timbral grossier. C’est pour cela que Sonir a retiré l’ABX en aveugle et déplacé la comparaison d’enceintes vers la superposition de mesures.
Jusqu’où faut-il aligner le niveau ?
Visez ±0,1 dB si vous jugez à l’oreille. Le côté légèrement plus fort est systématiquement perçu comme meilleur, et ±0,5 dB reste beaucoup trop large. Pour une comparaison de mesures la contrainte se relâche : la réponse en fréquence est une courbe relative normalisée à 0 dB dans le médium, donc quelques dB de niveau de lecture n’en changent pas la forme. Ce qui compte là, c’est l’écrêtage.
De combien peut-on déplacer le micro ?
D’aucun centimètre. Le grave dépend fortement de la position à cause des modes de la pièce : à 100 Hz (longueur d’onde d’environ 3,4 m) les nœuds et les ventres sont espacés d’environ 85 cm. 30 cm suffisent à passer d’un creux à une bosse, et cet écart dépasse souvent la différence réelle entre les deux enceintes.
Faut-il aussi placer les enceintes au même endroit ?
En principe oui : il faut les échanger à la même place. Le placement change la façon dont les modes de la pièce sont excités, donc à positions différentes on mesure l’installation et non les enceintes. Quand la taille des coffrets empêche une correspondance exacte, notez la distance et un commentaire, puis relativisez l’écart.
Peut-on comparer deux mesures faites des jours différents ?
Oui, si les conditions concordent. Le bruit de fond et la température varient : vérifiez que les deux ont été mesurées avec le même profil de micro, la même pièce et la même distance. Sonir conserve micro, stimulus, pièce et distance en métadonnées et signale les divergences avant de superposer.
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Mesurer avec Sonir
Sonir fait la mesure acoustique et la comparaison entièrement sur le téléphone. L’A/B de cet article, c’est exactement son flux : un sweep par enceinte, les deux mesures superposées, puis la courbe d’écart et les deltas d’indicateurs. Tout est gratuit, y compris la superposition de mesures.
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